mercredi 22 avril 2020

Journal de déconfinement – jour 37

Victimes collatérales du confinement planétaire : les propriétaires de pétrole. Le cours du brut en effet s'effondre, jusqu'à ne valoir plus rien ; et aux Etats-Unis, il descend carrément underground ! On comprend bien comment le prix de vente en peut baisser, vu comme les routes sont vides depuis un mois, mais alors sous le zéro... là, on hallucine, tellement ça défie le bon sens. On se dit : il n'y a que dans la sphère financière qu'un produit peut avoir une valeur négative, que celui qui le possède veuille te donner de l'argent pour que tu le lui achètes. Eh ben non, j'ai tout compris en un clin d'oeil avec ce spécialiste français de la bourse interviewé par la chaîne télé (de fake-news financée par Poutine, paraît-il) Russia Today.
Le gars a l'air de se marrer en douce et pourtant son job n'est pas de déconner avec le pognon (il doit lui-même être sidéré). Et en effet, qu'ils n'aient pas été fichus de prévoir ce type de catastrophe pour eux-mêmes en dit long sur le mode de pensée et les manières des acteurs du business pétrolier, qu'ils soient des gouvernements, des patrons de multinationales ou des dirigeants de fonds d'investissement : production toujours en flux tendu mais avec des réserves très importantes, la main sur le robinet du puits et les yeux sur les cours de bourse, jeu diplomatique délétère et manoeuvres armées sur le terrain, le système qui maintient si étroitement liés les intérêts des uns et des autres, en constant déséquilibre, nécessite à chaque seconde mille interventions pour ne pas se casser la figure.
Et là, paf !
On le savait bien déjà, mais ça saute aux yeux maintenant, ça les crève même : tout leur juteux business repose uniquement sur notre surconsommation. Et nous là-dedans ? Eh bien, il nous faut travailler toujours davantage rien que pour payer toujours davantage de transport (le nôtre et celui des marchandises), en fait pour acheter, en même temps que des salades, des jeans et des portables, l'or noir qui leur permet à eux de vivre sur un grand pied.
Ils n'avaient pas prévu que nous serions un jour contraints par le sort à cesser de consommer. Ca n'était pas dans leur logiciel. Ces gens-là nous ont habilement et sournoisement emmenés sur la voie du grand déménagement du monde qui est le plus simple et sûr moyen qu'ils ont trouvé pour nous vendre toujours davantage de cette merde qui pue et pollue nos organismes. Et soyons sûrs qu'ils comptent bien continuer après...
Ce qui n'est pas non plus prévu dans leur logiciel, c'est que nous pourrions peut-être un jour refuser de jouer leur jeu, nous mettre à produire et à consommer local, frugal, utile. Et ça commence à venir ! C'est en effet le bon moment, pour chacun de nous, de faire les gestes citoyens ou éco-responsables que par paresse ou négligence nous avons toujours reportés à plus tard. J'ai regardé hier soir sur RTBF 3 un documentaire, une belle démonstration de ce qu'il est possible d'entreprendre pour changer nos vies, une leçon d'espoir, qui est présenté ici : http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/45799_1#
Il n'est malheureusement possible de le revoir que si on habite en Belgique ou si on est belge expatrié. Si quelqu'un trouve un lien qui le permette, je prends et je diffuse..
Amies, amis, la production de voitures redémarre, n'en achetez surtout pas une neuve.
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