Mardi, 27 novembre, 2018. Il est
9h30. Le président Macron, Emmanuel, va causer tout à l’heure aux députés et
aux « corps intermédiaires ».
Il a déjà fait prévenir :
1. Ce n’est pas pour répondre aux
gilets jaunes, c’était prévu de longue date.
2. Il ne reviendra pas sur la
surtaxe du carburant. Sur tout le reste, non plus.
3. Les invités sont priés de l’écouter
sans l’interrompre.
Il aurait mieux fait de twitter,
ça nous coûte moins cher en petits fours et c’est tout à fait suffisant pour
expliquer toute l’entendue de sa politique. Nous pouvons considérer que ce tweet
a bien eu lieu, puisque les trois conditions énumérées ci-dessus apparaîtront
en fin de compte comme le résumé de son allocution de tout à l’heure.
En même temps, le président des super
riches ne peut pas faire autrement : tous ses riches amis, les grands
patrons, les cadors de la finance, les actionnaires, le lâcheront pour un autre
- genre inflexible, comme Fillon - s’il ne leur accorde pas encore davantage
d’avantages, de privilèges, de parts du gâteau. Facile pour eux !
puisqu’ils possèdent tout - les outils de production, les médias, l’argent - et
peuvent se permettre le chantage. En même temps, lui est un convaincu, qui fut naturellement
d’abord un servile avant d’être admis dans la caste.
Le président des super riches ne
peut donc pas reculer face aux Gilets. Ce serait perdre la face, mettre le
doigt dans un engrenage qui l’obligerait à faire ensuite un tas de choses qui vont
à l’encontre de ses convictions philosophiques, à savoir que l’élite du fric
est légitime à se sucrer sur le dos des travailleurs qui, eux, ne sont que des
riens.
L’important est pour le président
des super riches de bien faire passer le message, avec tout le cynisme qui le caractérise
et qui ne peut être que sciemment affiché de la sorte, quand par exemple, de
l’étranger, il pérore que de toute façon les Français n’ont pas les moyens de
manifester dans la durée, sous-entendu pas les moyens pécuniaires. Je dois
reconnaître qu’il a raison. En même temps, si c’était le contraire, ils ne
seraient pas dans la rue à manifester.
Bon. Admettons que les Gilets jettent
l’éponge. Ce sera évidemment faute de soutien suffisant, parce que nous, toi et
moi, seront restés le cul sur notre chaise à les regarder à la télé se prendre
des lacrymos sur la tronche. Admettons que le président des super riches gagne
ce bras de fer. Il ne va pas pouvoir s’empêcher de fanfaronner, comme d’habitude.
Et ce sera un mauvais calcul parce que tout ça lui retombera sur le coin de la
figure de toute façon, parce que rien n’est plus dangereux qu’un adversaire
humilié ; les rancoeurs s’accumulent et un jour la cafetière explose. Je
crois qu’en effet, on n’a encore rien vu en matière de violence.
Tiens ! Qu’est-ce que je
disais ? Il est midi, et le président des super riches a encore parlé pour
ne rien dire. La meilleure - mais ça doit être de l’humour, de sa part -, c’est
l’annonce que les représentants des Gilets seront reçus au ministère de
l’écologie. Oh putain ! S’il voulait montrer à quel point il méprise les
gens, c’est exactement ce qu’il devait faire.
Le mouvement des Gilets n’est certainement
pas un mouvement pour empêcher que soit sauvée la planète par le président des super
riches qui caresse le grand idéal sans jamais le pénétrer, mais d’abord pour réclamer
de quoi vivre décemment - trop trivial, sans doute. La vraie réponse du
président aux Gilets, c’est qu’il n’a pas envie de leur répondre. A la place il
veut les mettre en demeure de répondre, eux, de l’accusation de mise en danger
de la planète. Tout ce qui sort de la bouche du président des super riches n’est
qu’éructation, vomi et merdre.
Je serais représentant des Gilets,
je n’irais pas écouter le sous-fifre de Rugy me tenir le même discours, je
réclamerais que Macron vienne au balcon s’expliquer, et sa Marie-Antoinette aussi,
qui est de tous ses voyages et qui se gave comme c’est pas permis. A supposer
qu’il vienne, il viendrait la gueule enfarinée nous raconter encore comment il
est un grand démocrate parce qu’il va y avoir des consultations pendant des
mois sur la transition énergétique (à la va-vite proclamée grand thème prioritaire
du quinquennat) et en même temps, il dirait qu’on continue comme avant.
Quoi faire contre un tel mur ?
Certainement pas s’y cogner la tête en se lamentant. Faut arrêter de rigoler, le
stade de l’entartage est dépassé depuis longtemps, ça mérite maintenant
des baffes. A cet égard, « Macron, démission » est un excellent
slogan, positif et constructif, parce que quand l’arbre est pourri, mieux vaut l’abattre.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire