lundi 23 juillet 2018

Benalla, le sbire de Macron

Rentré de vacances déconnectées, je découvre le scandale politique et le branle-bas médiatique de l’affaire Benalla.

Vu à la télé :
Ca ne m’étonne même pas : il fallait bien que le totalitaire Macron, tellement sûr de sa toute puissance, trahisse un jour l’ampleur de sa haine pour le peuple ; mais attendons de savoir s'il y est pour quelque chose... En vrai, ça me fait bien rigoler.

Par ailleurs, cette vidéo, sur laquelle tout repose, pose quelques questions vulgaires, en sus de celles concernant la gestion des faits par le gouvernement et le président :
- qu’est-ce que ces deux manifestants ont dit ou fait pour devoir se prendre des baffes alors qu’ils sont déjà interpellés ? Qui sont-ils ?
- quelle mouche (haine, désir de terrifier, certitude d’impunité) a piqué ce copain de Macron pour venir là sans nécessité tabasser un manifestant déjà mis à terre par les CRS ?
- pourquoi cette vidéo n’est-elle rendue publique que trois mois après les faits ?

La justice et la commission parlementaire vont sans doute faire la lumière sur tout ça, puis les séides du président seront sermonnés et Gérard Collomb, après avoir vacillé un peu, restera à son poste, droit dans ses bottes. Circulez, il n’y a plus rien à voir.

Reçu d’Alain :

Où l’on découvre que :
- les vidéastes amateurs sont bien tranquillement derrière leur carreau à contempler la scène (pourquoi ne pas se montrer, voire porter secours à ces jeunes gens violentés ? pourquoi avoir supprimé le son ? pensaient-il déjà à monnayer leur film ?)
- les courageux policiers sont cinq pour cogner sur un seul type manifestement inoffensif

Encore une question : pourquoi les coups donnés par ces policiers en uniforme ne font-ils pas scandale pour les médias ? Peut-être estiment-ils que la police fait là son boulot, et qu’il est bien normal qu’elle matraque un peu les gens ?

Bonne journée


jeudi 31 mai 2018

Le loto de la honte misèrable

J’apprends, entre ce matin et ce soir, que Macron lance le loto du patrimoine, 15 euros le billet, que 10 pour cents des mises iront à la restauration ou la protection des monuments et que les billets seront imprimés aux Etats-Unis.

Le cauchemar continue : nous sommes vraiment gouvernés par un débile ou un salaud, ou les deux.

Celui-là même qui voulait, il n’y a pas six mois, privatiser la Française des Jeux, soi-disant pour faire rentrer des sous dans les caisses de l’état ; mais vue d’ici, la manœuvre s’apparentait plutôt au sacrifice imbécile de la poule aux œufs d’or et en même temps au cadeau qu’on fait à un bon copain (Partouche, par supposition) pour le remercier d’avoir généreusement financé sa campagne des présidentielles.

Il y a certainement dans le loto actuel de quoi sauver assez de notre patrimoine… s’il ne tombe pas bientôt dans les poches d’un bandit manchot, comprenez un genre de fonds d’investissement. Surtout que seulement 10% du nouveau loto iront au patrimoine ; quel rendement faramineux ! j’entendais par exemple ce matin qu’une église dans un village de 75 habitants avait été sélectionnée pour bénéficier de la manne loto-macronesque - 5000 euros, dis donc ! Alors qu’il en faudrait au moins 100 fois plus.
- Ah bin, c’est toujours m’eux qu’ r’en, hein ?
- Oui, bin, s'il avait quémandé 1 euro 50 à chaque Français, peut-être qu'on se serait fendus pour le patrimoine... mais va-z-y, toi, donner 13 euros 50 en plus pour tu-sais-même-pas-quoi... 

Oui, 15 euros le billet ! On attige, là : les smicards n’ont même pas le droit de participer, alors ? Bon, au moins, ils ne foutront pas leur pognon dans cette connerie.

Et enfin, les billets seront imprimés aux Etats-Unis « parce qu’en France, ils auraient coûté trop chers » (sic, et sans rire).
Le message envoyé par le bon Emmanuel ("Gott mit uns", en hébreu) est parfaitement clair : l’ouvrier français coûte trop cher. Du coup, il ne mérite pas son pain. C’est pourquoi Macron le punit en le lui ôtant de la bouche.

Le raisonnement est bien sûr : produisons au moindre coût afin de dégager un max de bénéfice. Bon, mais pour quoi faire ? Pour sauver le patrimoine ? Pour redistribuer aux joueurs ? Pour piquer des taxes au passage ?
Ou pour une autre raison ? Peut-être, oui… Parce qu’il y a un truc qu’on ne comprend pas dans cette affaire : l’ouvrier imprimeur des States est-il vraiment moins cher que le polonais, le bulgare, le chinois ou l’indien ? Ca s'rait quand mêm' incroyap’, non !

Ou alors Macron a des actions dans le printing-business amerloque… 
Je vois que ça.









mardi 29 mai 2018

Radio godillot

Mardi, 29 mai, 2018.
Je m’étais juré à mainte reprise de ne plus écouter la radio : c'est en effet une manière de mal commencer la journée, par de l'agacement ; ras le bol de la succession ininterrompue de conneries, de mensonges, de mauvaise foi, de parti pris, de commentaires fielleux sur les uns, de flagorneries pour les autres, de blagues à deux balles, par des gens qui se prennent au sérieux et ne sont qu'imbéciles et odieux.

Bon, ce matin, six heures quarante-cinq, j’allume France Inter. Rien n'a changé. Désolé, mais je ne retiens pas les noms des journalistes, présentateurs et autres chroniqueurs… ils n’en valent d’ailleurs pas la peine, car se copiant les uns les autres, en pensée comme en action, ils sont universellement interchangeables ; les moins pires ont fini, sous l’ère Macron, par devenir serviles et cons, ou disparaître des ondes.

Ces soi-disant humoristes qui débitent leurs caricatures, émaillées de comparaisons marquées au coin de l’humour à l’américaine (l'outrance qui ne véhicule que des poncifs), tandis que les filles du studio gloussent tous les trois mots, des fois que l’auditeur n’aurait pas compris la vanne ;

ces soi-disant journalistes qui débitent leurs caricatures des faits, émaillées de commentaires orientés (« le président italien est le garant du respect de la constitution », sous-entendu que le type proposé au ministère du travail n’est pas constitutionnel) et de formules choc (« L’Italie est dans le chaos »), leurs publicités déguisées pour des chaînes de télé privées, sous prétexte d’information culturelle, tandis que les filles du studio, n’ayant honte de rien, gloussent par derrière dès que sont prononcés les mots « Parti Communiste » ou « France Insoumise »…

et ce matin, le pompon du ridicule, gros comme une maison : « L’assemblée a refusé d’inscrire l’interdiction du glyphosate dans la loi ; pourtant, le président Emmanuel Macron avait promis... » Comme si Macron n’avait pas donné lui-même l’ordre aux députés EM de voter contre cette interdiction (et donc en fait, pour le glyphosate - et l'entreprise Bayer) ! Et après, il les fait passer pour des salauds ! Et ils avalent !

C’est ça qui rend fou, cette manière qu’ils ont de célébrer chaque matin la gloire du caudillo.

Les manœuvres se veulent habiles, elles font partie de l’arsenal des mises en scène du bon Macron, saint protecteur. Mais qui ces grosses ficelles peuvent-elle encore tromper ? … Je ne vois qu’une catégorie de gens, pardi : ceux qui disent « je ne fais pas de politique » et croient (naïvement ou cyniquement) que cette posture n’est pas politique.

Alors forcément, pour eux, France Inter dit la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.


mercredi 16 mai 2018

Antisémite, c'est quand, au juste ?


A force que certains "juifs" extrémistes nous accusent, les Français, à tort et à travers, d'être antisémites, on va peut-être bien finir par le devenir. Non ?

Le gouvernement belliqueux d'Israël et la sphère facho des sionistes ultras n'a de cesse en effet de nous pourrir la vie. Florilège :
- pétition contre le nouvel antisémitisme, truc sorti du chapeau à malices par le sinistre Philippe Val, destiné à nous culpabiliser ("La France est le seul pays du monde où on tue des juifs")
- crucifixion des Insoumis par le CRIJF, parce que Mélenchon, ayant depuis longtemps osé critiquer la politique de Netanyahu, est forcément antisémite ; mais aussi : il a osé ne pas appeler à voter Macron au deuxième tour... ça créait une brêche dans le front républicain et là, l'ami Macron a dû avoir une petie suée d'angoisse.
- déplacement de l'ambassade américaine à Jérusalem, Trump s'asseyant sur les accords qui avaient présidé à la création de l'état d'Israël, faisant ainsi un doigt d'honneur à la "communauté internationale" médusée, chaque dirigeant des petits satellites sentant immédiatement la poigne d'Oncle Sam sur sa nuque
- bombardement de la Syrie par Nétanyahu, regonflé à bloc depuis que le musulman Obama est à la retraite
- mitraillage de manifestants palestiniens : 60 morts.
 CQFD : ces gens-là ne cherchent pas l'apaisement, ils veulent le conflit, toujours et partout.

Mais quel humour, en même temps ! : l'autre jour, sur le plateau de "28 minutes" sur Arte, un  ambassadeur israélien accusait les Palestiniens d'être non seulement des terroristes, mais aussi des antisémites.
On rigole ou on pleure ?

Trump, la bouche pleine, n'a pas tuitté le moindre mot de condoléances pour les enfants, préoccupé qu'il était de réaffirmer les nouvelles sanctions économiques qu'il compte infliger aux Iraniens, car Trump sait qu'il a été élu pour que l'Amérique remette le monde à genoux (on a envie de hurler au secours, hein ?).

Bon, après la victoire à l'Eurovision, c'est quoi la prochaine étape : une palme d'or israélienne à Cannes, Berlin ou Venise (à Hollywood, c'est déjà sûr) ou le prix Nobel de la paix pour Trump et Netanyahu réunis ?

Ca les arrangerait bien, finalement, qu'on devienne antisémites, on dirait. Mais nous ne tomberons dans le piège. Nous nous en fichons, qu'ils fassent semblant de nous croire ce que nous ne sommes pas. Nous avons notre conscience pour nous, qu'ils s'arrangent avec la leur. Et Jehova reconnaîtra les siens.

Tenez, à propos de Jupiter, j'ai pas le souvenir d'avoir entendu Macron sur la question. A part un timide petit tuitte du bout des lèvres... Ah oui, c'est vrai, il est encore en voyage ; à Brégançon, il n'a pas le temps, bien sûr. En fait, chat échaudé craint l'eau froide : il préfère se taire d'abord parce que quand il fait son fier-à-bras et donne des leçons à tout le monde, personne ne l'écoute et fait même le contraire de ce qu'il a demandé, et puis je crois qu'il a la trouille qu'on lui ressorte la photo où il avait mis la kippa ! Ben oui, dans une France qui compte plus d'électeurs musulmans que juifs, faut être équilibriste.
C'est donc le vaillant sous-fifre Philippe qui est à l'honneur cette semaine. Mais ça ne sonne pas plus clair.

mardi 8 mai 2018

La fête à Macron

J’y étais.
J’ai vu beaucoup de monde, 160.000, beaucoup de belles affiches, d'animations originales - musique, danse, théâtre… J’ai rencontré des gens, nous avons pique-niqué, causé, rigolé, chanté, c’était sans façons, familial, détendu, parfois joyeux. On avait envie d’y croire. J’étais à deux doigts d’y croire. Croire à quoi ? Qu’on allait être assez forts...




J’ai vu beaucoup de cars de CRS, de cars de gendarmerie, des grilles en fer qui barraient les rues adjacentes au parcours, et des représentants des forces de l’ordre, alignés, caparaçonnés, armés, qui arboraient des tronches à pas rigoler - vraiment impressionnant ! On se demande à quoi ils pensent, s’ils sont sélectionnés pour leurs opinions politiques…



J’ai pas vu de black blockers. Ou peut-être ces deux jeunes avec un mégaphone qui, place de l’Opéra, recrutaient « des hommes ( ?) capables de se mettre à l’avant du cortège », comme s’il s’agissait d’un jeu. J’ai vu des poussettes, des enfants, des grands-mères, des handicapés.

J’ai pas vu Macron, sauf en photo ou en marionnette. Le vrai sans doute était en voyage quelque part, loin, en allé là-bas pour n’y rien dire, ni rien faire d’important, comme d’habitude, à part se mettre en scène et faire parler de lui. Son absence le jour de sa fête est peut-être après tout un hasard, vu qu’il est en voyage un jour sur deux depuis qu’il est élu.
« Hé ! C’est pas lui qui paie, il aurait bien tort de pas en profiter » reconnaissent les crevards. 


J’ai appris le jour même, par la propagande BFM, RTL, France Télévision et autres médias soumis, que ça s’était plutôt bien passé - seulement neuf  arrestations -, qu’un véhicule de Radio France avait été pris pour cible et qu’un gendarme avait été blessé - sans autre détail. Rien sur les manifestants. J’ai entendu dire en revanche que les Insoumis, avec cette fête à Macron, poussent à la haine. J’ai entendu partout les LREM en grand nombre, invités en qualité de pare-feu, rappeler que ça n’est pas 40.000 manifestants qui vont changer les choses, que Macron a été élu - point - et qu’il appliquera son programme et, pour preuve que c'est bien, les micro-trottoir d’un tas de gens qui se disaient contents de Macron. 
Et pour finir, j’ai entendu qu’Edouard Philippe rencontrerait les syndicats mais qu’il avait déjà annoncé qu’il n’y aurait rien à négocier.

Et puis, une fois rentré, j’ai eu l’occasion de discuter avec trois connaissances qui avaient vaguement hésité (ou fait semblant) pendant la campagne présidentielle et j’ai constaté qu’elles n’hésitent plus mais sont convaincues au contraire qu’il est urgent de lui laisser sa chance, à Macron. Sa chance de quoi ?



 Alors, ça vous remet les pieds sur terre.
Vous avez beau exister, vous n’existez pas quand vous n’êtes pas vu à la télé et, pour une majorité de gens, vous n’existez que comme repoussoir quand la télé systématiquement vous démolit. (Puisque Patrick Cohen le dit, ça doit être vrai.) La propagande continue en effet de manipuler les esprits, avec répétition à l’envi de mots creux comme réorganisation, modernisation, réforme… qui cachent la réalité et la violence de l’attaque contre les travailleurs, avec répétition à l’envi du credo libéral - donner aux riches afin qu’il tombe des miettes pour les travailleurs -, avec répétition à l’envi des vertus présidentielles et crachats sans vergogne sur l’action des opposants.

S’il y avait de la colère dans le pays, on aurait été plus nombreux, samedi, et les autres jours de manif.
Non, ce qui domine dans le pays, c’est l’indifférence aux difficultés des autres, la résignation - « De toute façon, il fera ce qu’il voudra » -, le manque de courage et la mésestime de soi. 

Va falloir remettre le couvert. Rendez-vous les 7, 15, 22 mai, pour soutenir les luttes en cours, et le 26 pour continuer la fête à Macron.


mercredi 25 avril 2018

« Schéi kleng as och schéin », éloge de la petitesse et de la diversité.

J’applique cette sentence à la dimension des états : « Petit, c’est bien aussi » ; et j’ajoute c’est même mieux.
(C’est copié sur le dicton luxembourgeois « Schéi kromm as och schéin » : « quand c’est de travers, c’est beau aussi », ce qui signifie (peut-être) que le raté ou l’exception ont autant de valeur que la perfection ou la norme.)

Les Luxembourgeois ne sont-ils pas des gens sages ? Ils nomment leur propre pays « Ländchen », c'est-à-dire le petit pays. Je ne crois pas qu’ils aient jamais désiré agrandir leur territoire en envahissant leurs voisins. (Trop petits ? Ben oui, si tous les états étaient petits…) En témoigne leur devise, « Mir wëllen bleiwen wat mir sinn », « nous voulons rester ce que nous sommes », c’est-à-dire petits, entre nous, et indépendants.
(Les Luxembourgeois n’aiment pas plus les Français que les Allemands, c’est historique, mais ils ne les détestent pas non plus.)

Les Luxembourgeois ne sont-ils pas des gens intelligents, ou plutôt madrés, comme des paysans ? C’est ainsi qu’ils ont choisi, après la mort de la sidérurgie, de devenir un paradis fiscal… qui abriterait les pauvres entreprises et particuliers dont la richesse fait l’objet de persécutions fiscales dans les autres pays d’Europe. Qu’à cette époque, les gouvernements des autres pays d’Europe aient laissé faire prouve naturellement leur complicité.

Moyennant quoi, les Luxembourgeois vivent peut-être mieux que leurs voisins. Il y a des avantages à vivre dans un petit pays.

En France, grand pays, des Bretons, des Corses, des Basques naguère revendiquaient l’autonomie de leur région, voire leur indépendance ; eux aussi se voulaient petits. Beaucoup d’Alsaciens aspirent à quitter le Grand-Est pour former une région unique avec davantage de compétences, mais ils n’osent toujours pas dire qu’ils n’aiment pas La-France, trop jacobine, soumise au pouvoir absolu élyséen, intolérante à l’égard des cultures régionales - ils sont pourtant moins radicaux que les séparatistes majoritaires en Catalogne et en Lombardie !

Oui, le verdict est sorti des urnes : les séparatistes sont majoritaires. Mais les états espagnol et italien ne les entendent pas : Quand le gouvernement oppose un refus de référendum ou envoie carrément l’armée des gendarmes avec les matraques et les gaz pour « frapper son peuple », on comprend que la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes n’existe pas.

Vous allez me dire que les régionalistes ne sont que des égoïstes qui ne veulent pas partager leur richesse avec les autres. Quand bien même ! Il y a des raisons bien plus fondamentales : le sentiment d’appartenance à une culture commune ; le sentiment que cette culture est incomprise, bafouée, menacée ; le rejet du centralisme, du pouvoir lointain, de l’autoritarisme ; le désir enfin d’une démocratie plus conforme à l’idée qu’on s’en fait, plus réactive, plus proche du peuple, dont le peuple est réellement le maître.

Quant à La-France, elle serait une et indivisible : la même loi sur tout le territoire et pour tous les citoyens - pas une oreille qui dépasse. Pourtant, en Moselle, comme en Alsace, nous avons des lois particulières, et qui nous conviennent très bien. Et puis il y a l’Outre-Mer, la Nouvelle Calédonie en particulier, avec des statuts variés, des prérogatives qui ne s’appliquent pas en métropole. La République une et indivisible est donc une illusion ; la République peut tout à fait transiger, admettre la division…

(Notre Cinquième République et son actuel président des riches entretiennent même la division, sur un plan différent : les capitalistes n’affirment-ils pas que « Il n’y a pas de travail sans capital. » ? Ce qui à leurs yeux justifie que le travailleur soit traité en esclave du capital. La formulation conforme à la réalité est plutôt : « Sans capital, le travail ne serait pas un esclavage et sans cet esclavage, il n’y aurait pas de capital. » La majorité des travailleurs ne le savent pas, ils se laissent assujettir et tondre sans protester.)

Revenons à nos moutons. Qu’est-ce que ça ferait donc à l’Espagne, à l’Italie, à La-France de laisser quelques régions s’émanciper ? Qu’est-ce que ça ferait à l’Europe si quelques pays s’en détachaient ? Rien, parce que l’Espagne, l’Italie, La-France, sont en grande partie des constructions de l’esprit qui ne peuvent donc pas répondre à une question. Ceux qui répondent aux questions, ce sont des humains, les gouvernements, les peuples, les électeurs, les individus.

Alors qu’est-ce que ça ferait donc aux individus espagnols, italiens et français restants de ne plus compter dans leurs rangs des Catalans, des Lombards et des Néo-Calédoniens ? Qu’est-ce que ça nous a fait, à nous, Français, que les Britanniques aient quitté l’Europe ? Rien non plus, parce que Français, Espagnol, Italien, Britannique, sont également des constructions de l’esprit. Pour preuve : un Macron ou un Bernard Arnault, français tous deux, ne verront pas leur francité de la même manière qu’un Philippot ou un Depardieu qui ne la verront pas comme un Cégétiste, un cheminot ou un salarié de Carrefour, sans parler, dans le contexte actuel, d’un musulman ou d’un juif, tous également citoyens français.

Alors, pourquoi ne pas laisser jouer la démocratie jusqu’au bout ? Laisser morceler ces empires qui, tous ! se sont construits par les armes et parfois des génocides, et ne tirent donc leur légitimité que de la loi du plus fort. Alors pourquoi les gouvernements empêchent-t-ils, encore par les armes, toute émancipation ? Pour quels intérêts nous refusent-ils de revenir à des entités petites, dans lesquelles on se connaîtrait mieux, on se reconnaîtrait, librement, de la même culture, du même peuple, de la même fratrie ? Voilà : Fraternité ! Le joli mot, voilà le mot-clé, qui n’a cependant aucun sens dans le jeu politique français.

Admettons que la Corse, après referendum, réclame son indépendance et l’obtienne finalement après avoir résisté aux gardes mobiles et à l’armée française. Est-ce que ça ferait une différence pour les Mosellans ? Bof. Et peut-être que pour les corses ça ne changerait pas grand-chose non plus. Ils n’auraient plus de subventions de l’état français, ni de l’Europe, mais ils ne leur payeraient plus d’impôts. Ils seraient en plein dans le circuit court. Mais ils auraient aussi des relations économiques avec d’autres pays, directement avec la Chine, peut-être, ou l’Afrique. Ils se feraient une petite constitution à leur main et s’inventeraient un pays neuf, plus libre, plus égalitaire, plus fraternel, plus démocratique.

Et nous, on pourrait tranquillement continuer de passer des vacances en Corse. Et on se dirait : ils vivent bien, ces Corses, ils sont intelligents. Faisons comme eux. Et de citoyens et travailleurs français, nous deviendrions citoyens et travailleurs de Moselle. Peut-être même qu’on couperait la Moselle en petits bouts : la partie nord-est retournerait avec l’Alsace, le sud resterait avec Metz et la région des trois frontières se la jouerait perso... On pourrait croiser le président 3F et ses ministres faisant leur marché le samedi matin à Thionville et ils sauraient que le peuple les a à l’oeil. Ca ferait des envieux, et boule de neige, en Europe.

« Mais, monsieur, l’Union Européenne serait foutue ! » Justement, ce serait l’occasion de construire une Europe fédérale qui respecterait les choix de chaque petit peuple. Car l’Europe libérale peut très bien se défaire, le Brexit en est la preuve. La France jacobine aussi peut changer. Mais pour ça, il faut aller voter. Et d’abord manifester et faire grève, avec les camarades.


vendredi 20 avril 2018

La loi, rien que la loi... républicaine ?

Rapporté par le Républicain Lorrain de ce jour, vendredi, 20 avril, 2018 :


Ainsi le doigt d'honneur est devenu un crime de lèse-majesté ! Et lorsque le criminel est un de ces "gens qui ne sont rien", notre monarque n'hésite pas une seconde à l'écrabouiller de toutes ses forces de l'ordre. Pauvre Macron, aucune classe, aucune dignité !

Moi, on m'a toujours dit : ceux qui se montrent méprisants et méchants avec les faibles sont ceux qui s'écrasent le plus devant plus fort qu'eux. Ainsi lorsque Macron a annoncé fiérot qu'il a convaincu l'Amérique de s'engager plus avant en Syrie, la réponse de Trump lui est revenue droit dans la figure : "It's a fake news". Le menteur pris sur le fait, et mouché, n'a pas démenti.

Logiquement Plenel et Bourdin auraient dû y avoir droit, eux aussi, à la garde à vue et au rappel à la loi, pour n'avoir pas mis de cravate, soigneusement évité de l'appeler "Monsieur le président" et posé des questions insultantes. Mais là, c'était plus risqué : notre pourfendeur de gens de rien aurait passé pour un despote. Il a dû sacrément ronger son frein.

jeudi 19 avril 2018

Internet, Youtube, c'est formidable !

J’ai reçu ces liens cette semaine. Je like.

D’Alain :
Edwy Plenel analysel’interview : Macron est buté. Macron est un menteur. 

De Francine :
Philippe Lamberts, euro-député belge écolo, offre une corde au président français. Macron s’en fout, rien ne le touche.

De Gus :
Besancenot toujours en forme.

De François :
Les premiers maillons d'une nouvelle Internationale. (vidéo un peu bricolée demande indulgence…)

De moi-même :
Natacha Polony en rigolant (les 5 premières minutes)

A propos de Noam Chomsky (coupez le son, insupportable), sur la manière dont nos gouvernements nous manipulent pour que nous votions contre nos propres intérêts.

Pierre Rabhi, la sobriété, la joie, la raison, l'évidence

Et Mélenchon, très clair à propos des derniers bombardements français en Syrie
https://www.youtube.com/watch?v=qO0qcvOhib8